FRITZ – Du lyrisme bruyant à la douce mélancolie

FRITZ – Pastel – Février 2021
Crédit photo Courtney Hardwick

Pastel est une œuvre en clair-obscur. Des nuances délicates entre des couleurs claires saturées et une profonde obscurité. La rencontre d’une candeur et d’une morne mélancolie. C’est cette alchimie qui nous accompagne à l’écoute de ce merveilleux deuxième album de FRITZ, projet solo de l’Australienne Tilly Murphy. 

Les premiers accords aux ornements fuzzy de la distorsion nous laissent sans voix. Pastel démarre en trombe avec « sweetie » dans lequel les riffs distordus des guitares complètent à merveille les mélodies vocales, enchanteresses et aériennes.  Un morceau shoegaze par excellence qui nous rappelle des modèles du genre comme Slowdive, My Bloody Valentine ou encore Ringo Deathstarr. La comparaison avec ces monuments n’est pas exagérée car l’album se construit sur des bases solides, une réelle cohérence rythmique qui se retrouve aussi sur l’utilisation adroite des effets de guitare. Les parties instrumentales et vocales s’entremêlent dans la plaisante cacophonie des artifices électriques, c’est ce qui définit le Shoegaze. 

« Arrow », le deuxième extrait et coup de cœur de la rédac, surprend par son intensité qui met en valeur un lyrisme sincère, réflectif et autobiographique : « I feel better I feel good somehow / And you’re pathetic but that’s the reason / Why I came to know my feelings / I was stupid but I feel better now ». L’incohérence des sentiments provoquée par le tourment amoureux est un thème maintes fois exploré, mais sous la main de FRITZ, il résonne bruyamment. 

Dans une récente interview, FRITZ déclare qu’elle a grandi personnellement et musicalement. Désolé pour cette formule toute faite mais cette expression prend tout son sens à l’écoute de plusieurs de ses morceaux. Le titre « Pastel » illustre ce passage de l’adolescence à l’âge adulte, qui ne semble pas être, selon FRITZ, une rupture avec l’enfance mais bien un simple passage au cours duquel les questions plus ou moins profondes de la personnalité trouvent réponse : « I can’t run as fast as you can / I have smaller legs than you / But I dress nicer / I’m much politer and my hair is blue ». 

Au fil de de l’album cette impression de clair-obscur semble se confirmer. On passe d’une tristesse consciente à une allégresse plus naïve, mais les frontières sont de plus en plus floues, plus pâles et plus poreuses. En témoigne le touchant et oxymorique « Die Happily ». Plus lent et toujours aussi noisy, ce titre phare de l’album exprime avec vive émotion la complexité des relations d’amitié. Ce morceau dream pop est caractérisé par l’utilisation d’une boîte à rythme et d’effets reverb assumés. La distorsion arrive à point nommé après une intro assez intimiste, elle vient appuyer la partie vocale qui gagne en puissance au moment du refrain. Il y a un travail de composition remarquable dans ce titre, sa linéarité ne laisse rien au hasard, les parties s’enchaînent avec précision et « Die Happily » se termine en apothéose. 

Tilly Murphy partage ses sentiments avec une fausse pudeur, un romantisme moderne à la fois sincère et discret mais Pastel n’est pas qu’un album introspectif, c’est une œuvre simplement belle qui nous donne de l’émotion sans détour.

BV

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