Pop Crimes: dans le bleu profond

POP CRIMES – Indie pop – Dream pop – Lofi – Paris (FR)
Howlin Banana – Safe in the Rain Records

Soit leur nom vous dit quelque chose soit il n’est pas loin le moment ou vous tomberez sous leur charme. Les Parisiens de Pop Crimes reviennent avec un double single « Up To The Moon »/ « There Were Smiles » (sorti le 04 Juin dernier) de quoi teinter les couleurs criardes de leur label Howlin Banana d’un dérivé IKB 191. Le bleu n’est pas glacial, quoique lunaire, mais bien flamboyant, telles les flammes de gaz. En effet, si nos oreilles s’étaient habituées à leurs « Debuts » très prometteurs et cadencés, le groupe propose aujourd’hui une lecture Lo-fi différente, peut être plus complète et attendrie. Pour l’occasion, Jurassic pop se propose ici de rentrer dans leur intimité !

Jurassic Pop: Hello Pop Crimes ! Un grand bravo pour ce nouvel opus et cette nouvelle version de vous même. A l’écoute, on imagine parfaitement McRobbie et Mitchell (The Pastels) se saisir des lyrics puis Liam (Oasis) ou Molly (Alvvays) prendre le pas sur les guitares. On y ressent aussi parfois une profonde saudade, à la limite de la mélancolie type Daniel Johnston. ça vous parle un peu ce genre de Pop ?

Pop Crimes: Hello Jurrasic Pop ! (Super nom d’ailleurs ) Mise à part Alvvays peut être, tu viens de citer 3 groupes et styles que l’on écoute beaucoup ! On aime à la fois la pop éthérée des Pastels ou de groupes type Felt, The Loft ou encore des Chills, ainsi que la force des guitares et des refrains d’Oasis ou des Stones Roses et puis oui la mélancolie un peu déprimante mais pourtant hyper revigorante de Daniel Johnston ou d’Eliott Smith  ! 

JP: On note une petite différence dans la direction artistique entre “Debuts” (Ep) et “Up To The Moon” (Nouveaux Singles). Dans les lyrics, on parle davantage au passé plutôt qu’au présent; il y a notamment une relation particulière avec l’éphémère plutôt que l’éternel du premier EP (Always Lover, Goes). Changement notable également, on quitte le soleil (The Sun) pour la lune (Up To The Moon). Les couleurs chaudes surexposées de Vincent Trouillard pour le bleu profond de Melvin Ghandour. Côté Mastering, on quitte le mono pour quelque chose de plus stéréo. Comment expliquer cette version à la fois plus intime et pourtant plus spatiale de Pop Crimes ?

Merci pour cette question qui est d’une belle précision ! Alors on ne sait pas si tout a été vraiment intellectualisé et si ce n’est pas l’inconscient collectif du groupe qui nous a lancé sur cette voie. Mais tu as raison de noter tout ça. Ce qui est sûr c’est que nous avions enregistré les quatre premiers titres très rapidement pour sortir quelque chose au plus vite. On avait besoin de cette matière pour avoir le sentiment d’avancer. On voulait avoir les moyens de faire plus de concerts et plus de tournées. C’était un peu une période où tout le monde dans le groupe avait besoin de tourner une page. On s’est donc réellement construit en tant que groupe suite à la parution de l’EP chez Howlin Banana avec notre série d’une dizaine de concerts pendant l’hiver 2019/2020. A ce stade là, on peut dire que l’on avait déjà pas mal grandi et changé de cap. Le Covid-19 n’a finalement fait qu’accentuer encore un peu plus ce sentiment, il nous a permis de nous retrouver au calme dans une bulle de créativité et de partage. Ceci dit, Up To The moon et There Were Smiles sont particulièrement différentes des morceaux de l’Ep « Debuts »  ou même des nouveaux que vous ne connaissez pas encore, car nous n’arrivions pas à les intégrer à l’album qui est lui-même en cours d’enregistrement. Il est possible que la différence soit moins radicale lorsque l’on sortira le 10 titres. Mais nous verrons ! 

En tout cas pour ce qui est du passage entre le soleil et la lune et du jour pastel à la nuit profonde et calme c’est très juste et cela correspond tout à fait à cette année 2020 que l’on a passé à nos fenêtres la nuit, à écouter la ville qui s’était éteinte. Mais aussi en studio, enfermés mais un peu plus libres finalement, à laisser vagabonder nos imaginations. Enfin, pour le mastering, nous avons fait appel à Étienne Colin, qui est un sacré tueur (rires) et qui a aussi du très bon matériel. On avait aussi également enregistré avec de bons amplis et des très bons instruments, qui appartiennent au studio où l’on a travaillé et j’imagine que c’est tout cet ensemble de choses qui a fait la différence ! 

JP: On a parfois des semblants d’électricité qui rejoignent les compositions. On croirait entendre un mélange de boîte à rythme type Boss Dr ou un semblant de synthé Casio chorusé qui effleure l’outro ou l’intro des singles. Les chœurs sont aussi parfois nappés et chantés à l’unisson. Les deux morceaux sont pourtant très acoustiques, velvet (drums/ guitares folks). C’est aussi nouveau chez vous non? Une façon pour vous de rendre les références du passé plus actuelles peut-être ? Un premier pas vers un futur synthé dans le groupe ?

Il y a effectivement une boite à rythme sur les deux morceaux, une Roland 505 ! On l’a réampée dans les deux cas sur un ampeg SVT 3 avec un cab 8×10, pour donner un peu plus de corps puis on a doublé les cymbales à la main sur Up To The Moon et Morgane a rejoué entièrement la batterie sur la boite à rythme sur There Were Smiles. L’idée était d’avoir un son à la fois un peu plus produit, mais qui frise toujours avec le Lo-fi. On a également joué du Rhodes et du Juno sur Up To The Moon. A priori l’idée d’un synthé sur scène n’est pas d’actualité mais en studio on compte continuer dans ce sens là oui ! L’idée de tout ça était plutôt le fait d’essayer de nouvelles choses, de sortir du cadre dans lequel on avait commencé. Espérons que cela nous ai libéré pour la suite, mais il y a de fortes chances  ! 

JP: Nouvel Opus mais même label: Howlin Banana ! On en a vu des groupes de qualité signer récemment sous cette appellation (Hoorsees, Special Friend, Unschooling etc.). La ligne directrice nous plait énormément. On pourrait même dire que se dessine derrière la banane aux lunettes noires un réel sous genre typé pop indé, pop à guitares. Est ce que vous avez ce même ressenti en interne (le genre Howlin ?) ?

(Rires) C’est vrai que ça pourrait être bien ça, le sous genre Howlin ! Et en effet c’est vrai et ce qu’il y a de bien c’est qu’aucun groupe ne se ressemble totalement mais qu’il y a quand même une forte homogénéité globale. En tout cas c’est, à nos yeux, ce qui fait la force du catalogue d’Howlin Banana, dont on est très heureux de faire partie ! Mais l’autre force qu’il a aussi, c’est de bosser avec d’autres personnes et d’autres labels, comme Safe In The Rain dans notre cas . Cela permet de rester frais, et d’avoir une belle régularité de sortie, ce qui est profitable tant pour les groupes que le public ! On profite d’ailleurs de ce petit encart publicitaire pour faire un coucou à Tom, Loïk et Julian, et de les remercier encore une fois pour leur confiance ! 

JP : Sur votre prochain Opus, vos cheveux seront-ils encore plus longs ? (rires) Non sincèrement on doit s’attendre à quoi venant des crimes de la pop, on parle sorties … une tournée ? Dans tous les cas Jurassic Pop répondra présent !

(Rires) Quentin les a coupés il y a deux semaines, Nico aussi, il ne reste plus que Romain et Morgane mais ça commence à demander beaucoup d’entretien là … Alors, on joue un peu cet été, u Trabendo-Sonic le 23 juillet avec Hoorses comme vous le savez et aussi au Festival “Freaks Pop” à Angers et au Bras de Fer à Nantes le week-end prochain ! On compte jouer cet Automne/Hiver aussi, avec pourquoi pas des petits week-ends de 2/3 dates à gauche à droite ! De cette manière ça nous permettrait de jouer le week-end et de finir l’enregistrement de l’album, déjà bien avancé ceci dit, la semaine ! Pour les dates de sortie c’est encore un peu flou, mais ça devrait se préciser très vite 

JP: On vous laisse le mot de la fin. Un coup de cœur particulier (peinture, musique, cinéma, …) ? Un groupe qu’il vous faut taire au plus vite ? (après tout, c’est vous Pop crimes).

Romain : J’ai eu un coup de cœur pour la série The Deuce qui montre toute la violence (sociale, sexuelle et morale) de l’époque mais aussi la beauté et la liberté des années 70 à New York. Extrêmement inspirant ! 

Morgane : Petit coup de cœur pour les mignons de Tapeworms qu’on a vu avec Quentin sur la terrasse du Trabendo la semaine dernière. Il y a un beau savant mélange de pleins de références remâchées des années 90 dance, grunge saupoudrées par la culture kids super-technologique-japan-style d’aujourd’hui. Je trouve que cette mixture apporte une belle fraîcheur dans la scène Indie. Ce sont les petits poulains sur lesquels je miserai 🙂

Nico : Wilco est un groupe que je suis de prêt depuis quelque temps. Que ce soit leurs disques 90’s situés quelque part entre americana indé et pop anglaise ou leurs albums plus récents (plus cinématographique), j’y trouve toujours un repère d’influence très enrichissant. 

Quentin : J’ai récemment découvert Veik : un groupe de Caen signé chez Fuzz Club. Ils font du bon gros post-punk comme on aime et j’ai hâte de voir ce que ça donne en live, on joue avec eux le 17 juillet au Freaks Pop Festival !

JP: Super, en voila de belles découvertes ! On va creuser tout ça ! Bonne continuation pour la suite, on se voit très bientôt … au Trabendo qui sait !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :