COOL SOUNDS, des Australiens en voyage dans les 70’s

COOL SOUNDS – Indie Pop -(AUS)
Crédit photo James Morris

Avec Bystander, Cool Sounds n’a jamais aussi bien porté son nom. A mi-chemin entre une douce nonchalance, une précision mélodique et une rigueur harmonique, la bande originaire de Melbourne parvient à affirmer son identité complexe qui oscille entre pop lo-fi, folk et country.

Cool Sounds – Credit photo simon Fazio

La voix charmante et délicate de Dainis Lacey donne une profonde authenticité à cet album, même si on ne peut s’empêcher de penser au débonnaire Devandra Benhart et à son délectable Mala (2013). A la fois suave et cadencé, le folk curieux de Cool Sounds est une évasion. L’album s’ouvre par « Plains », une ballade pop country qui nous emmène immédiatement dans un road movie des 70s, non pas en Harley-davidson mais plutôt au volant d’une Ford Pinto, malicieuse et élégante. Bystander sonne comme un appel à l’escapade, une ode au voyage. Avec l’extrait du même nom (« Bystander ») nous sommes pris à témoin, comme spectateurs des pérégrinations de nos amis australiens.  Il s’agit sans doute du morceau le plus country de l’album. On ne voit pas les miles défilés tellement la route est agréable, toujours à bord de notre Ford Pinto. Au-delà de la métaphore filée, c’est vraiment sur la route que Cool Sounds composa son album, lors d’un voyage en Europe : « South of France » et « Netherlands » nous donnent en effet quelques repères géographiques. Ce ne sont donc pas les miles qui défilent mais les kilomètres et les paysages évoluent au fil de notre errance. Ce qui est frappant dans ce nouvel album, c’est sa diversité mélodique. « Church Bells » met en exergue la facette dreamy du groupe. Ce titre plus lo-fi, si bien composé et arrangé nous aide à retrouver notre chère et familière reverb. Bystander se termine avec les couleurs pastelles et poétiques de « Colours of Prostest », dernière ballade aux teintes rosées et orangées qui marquent la fin de cette « journey » de 9 titres. Une vraie réussite ! 

B.V

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TOLEDO, poulain de la Dream Folk !

TOLEDO – Indie Pop – Dream Folk (USA)

Réveil; la lumière est encore pâle sur la ville, au loin coule le givre le long des tiges. La buée sur les vitres laissent entrer par endroit le soleil chaleureux et glacial d’ un hiver aux couleurs printanières.

Toledo – Credit photo James Lynch

EP – Jokey’s of Love/

 Toledo, à travers Jockey’s of Love nous dévoilent un second EP magnifique, sensuel et rafraîchissant. Une nouvelle de 6 titres à lire d’un seul trait. Les jeunes de Brooklyn abordent un extended play mature, parfaitement produit, tant dans le processus créatif que dans la réalisation  sonore. Le duo sait où il va, d’une pop Folk bien dosée berce un peu plus encore le paysage sonore incroyable de New York. 

On ne connaît que trop bien cette scène indie Brooklynoise largement définie, ayant toujours un train d’avance sur la pop moderne actuelle. Inutile de présenter Beach fossils et leur label Captured Tracks ou encore  Real Estate adoptés par Long Island. Et pourtant, si à travers Toledo on ressent l’influence de l’East River, reste néanmoins une originale Pop Folk tantôt lo fi tantôt électronique, qui n’est pas sans rappeler les premiers émois d’Isaac Delusion (Isaac Delusion – 2014). Bien que plus synthétique, l’esthétique du projet de Daniel Alvarez and Jordan Dunn-Pilz (Toledo) évoque aussi l’univers des Youth Lagoon, Jaguar sun, ou autre Fleet Foxes, certes bien moins authentique, mais bien plus sonore. 

Le morceau de la rédac/

Difficile de départager une pop aussi égale à l’échelle de l’EP. Si l’on apprécie le solo  parfaitement dosé de You Won’t on préférera cependant Challenger: un condensé d’images de routes et d’essuie-glaces, une échappée au galop vers les rouages amoureux, secrets de la galanterie. On retiendra les slides des guitares à la Current Joys, une basse mélancolique donnant la cadence aux chœurs “Beachboysés” et un envoi sur le pont digne de Martin Courtney (Real Estate).

Bref, les diplodocus d’Amérique du Nord amènent au lâcher prise, et plairont à tous les fans incommensurables de la scène Velvet moderne.

Q. I

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