FRÀNÇOIS MARRY, DANS L’INTIMITE DES ATLAS MOUNTAINS

Frànçois and The Atlas Mountains – Banane Bleue – Indie pop Fr
Crédit photo: Oihan Brière

François Marry nous laisse comme suspendu dans le temps; à travers Banane Bleue, la tête pensante des Atlas Mountains surprend encore par un nouvel album empli de grâce et d’élégance. Évadé de ses dunes de lin (Solide Mirage – 2017); le Nomade moderne nous plonge ici dans une profonde introspection. Banane Bleue est un condensé de douce pop, qu’il fait bon se mettre sous la dent. 

Entre introspection et partage universel

Presque quatre années se sont écoulées depuis Solide Mirage. Qu’il nous a semblé long le temps du Perpétuel été. De l’écho des Sirènes Arabes du précédent  album ne reste que l’ondulation des longs voyages sur les eaux, dix titres épurés comme dix histoires contées dans le plus grand des silences. 

Banane Bleue, invite à prendre de la hauteur sur les mélodrames du quotidien. A travers, “Coucou”, “Revu”, “tourne autour”, “par le passé” François Marry décrit avec dérision le manque de singularité des histoires de tous les jours. Les Atlas Mountains chantaient pourtant “jamais deux pareils” en 2017. A travers Banane Bleue cette distinction est moins visible. François nous donne l’impression d’être ensemble dans des tragédies communes.

Comme toujours, les Atlas Mountains semblent se délier des frontières. Banane Bleue, nous plonge ainsi au cœur de l’Europe. Des titres comme The Foreigner, Holy Golightly, ou encore Julie, chantés en Espagnol, Anglais et Français nous font prendre conscience que la barrière de la langue n’est qu’illusoire, tant les mots finissent par trouver sens dans des compositions qui respirent.

Des mots bleus

Crédit Photo: Sarah Arnould

Banane Bleue se chante dans la continuité poétique des 6 autres albums sous le nom “Atlas Mountains”. On y retrouve une certaine puissance dans le choix des mots, tantôt liquides, tantôt percussifs, marquant au fer “bleu” les péripéties de François au gré des voyages. 

Cependant, à travers Banane Bleue, nous est donné la sensation que cette puissance est profondément ancrée dans la réalité du quotidien. On se surprend d’ailleurs à être touché par des mots comme “coucou”, “Brosse à dent” (Coucou) ou encore” porte-monnaie” , “la pluie”, “cet après- midi”(Julie) qui nous plonge dans un réalisme Balzacien.  Mais il n’est pas si loin encore le grandiloquent Baudelaire ( François Atlas – les fleurs du mal – 2018). Ainsi, dans “Tourne autour”, c’est un festival de poésie qui se chante sans complexe, donnant l’illusion que les mots, même les plus savants, sont à la portée de tous; et nous berçant un peu plus encore dans le bleu des milles et une nuits sous l’Atlas.

“Tu ne perds rien pour attendre, silence absence demain
Je ne perds rien en retour, construit la tour qui de loin
Te surveille et j’y séjourne, joue la distance, prince malin
Te ferai croire que se détourne l’histoire vers d’autres lointains
Irai faire luire mes atours aux reines de chair de satin
Reviendrai croiser le fer de ton cœur de chienne au besoin”

Un Voyage éclectique

Parler d’influences chez François Atlas est toujours un pari risqué, tant les mots et les notes se nourrissent du Monde. Si parfois le groupe transpirait des parfums de Rumba et de mélodie Maghrébine (E Volo love – 2011 ) il semblerait que le passage au Royaume-Uni ait laissé lui aussi quelques traces dans les rếveries de François Marry. Au cœur de Banane Bleu, des titres comme Julie ou  Holly Golightly rappellent la twee pop des Pastels  de Glasgow ou autre Belle and Sebastian. A contrario, d’autres titres comme Coucou donnent l’impression d’avoir toujours existé, du temps où Pierre Loustaunau participait au projet (aka Petit Fantôme). D’autres morceaux comme Lee-Ann et lucy ou  “Dans le taxi” reprennent sans clichés quelques  rouages de pop fin 80’s pour laquelle on se laisserait tenter d’imaginer un Etienne Daho en forme de Pop Satori venir y prêter sa voix.

Il ne fait aucun doute, François Atlas demeure ce gars du monde, qui voyage à travers le temps et l’espace et pour lequel on ne se lassera jamais d’en “ faire le tour”. 

QI

JOHN MYRTLE, le jeune espoir de la Pop Anglaise !

JOHN MYRTLE – Indie Pop (UK) – Get Her Off My Mind – Single

John Myrtle – Get Her Off My Mind

Plonger au cœur de l’année 69 en 2021 c’est possible. La preuve avec John Myrtle ! Le Londonien aux couleurs primaires s’empare des canevas de la pop Anglaise renouvelle le genre sans trop en faire. Si l’on y voit aisément les Beatles et les cadors du Swinging London, la rythmique soutenue, les semblants de touches électroniques et les arrangements chorus évitent la redite . Les voix s’entremêlent sur un refrain à peine croyable, un vibrato retenu, une tonalité à la limite du falsetto, notre homme dégaine du pistolet d’or un condensé de Pop Moderne qui transpire le Royaume-Uni. On imagine presque les fabuleux danseurs du Big Bazar de Fugain passer outre manche rejoindre le prodige Anglais. Quelle classe !
Q.I

TO FOLLOW JOHN MYRTLE/

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COOL SOUNDS, des Australiens en voyage dans les 70’s

COOL SOUNDS – Indie Pop -(AUS)
Crédit photo James Morris

Avec Bystander, Cool Sounds n’a jamais aussi bien porté son nom. A mi-chemin entre une douce nonchalance, une précision mélodique et une rigueur harmonique, la bande originaire de Melbourne parvient à affirmer son identité complexe qui oscille entre pop lo-fi, folk et country.

Cool Sounds – Credit photo simon Fazio

La voix charmante et délicate de Dainis Lacey donne une profonde authenticité à cet album, même si on ne peut s’empêcher de penser au débonnaire Devandra Benhart et à son délectable Mala (2013). A la fois suave et cadencé, le folk curieux de Cool Sounds est une évasion. L’album s’ouvre par « Plains », une ballade pop country qui nous emmène immédiatement dans un road movie des 70s, non pas en Harley-davidson mais plutôt au volant d’une Ford Pinto, malicieuse et élégante. Bystander sonne comme un appel à l’escapade, une ode au voyage. Avec l’extrait du même nom (« Bystander ») nous sommes pris à témoin, comme spectateurs des pérégrinations de nos amis australiens.  Il s’agit sans doute du morceau le plus country de l’album. On ne voit pas les miles défilés tellement la route est agréable, toujours à bord de notre Ford Pinto. Au-delà de la métaphore filée, c’est vraiment sur la route que Cool Sounds composa son album, lors d’un voyage en Europe : « South of France » et « Netherlands » nous donnent en effet quelques repères géographiques. Ce ne sont donc pas les miles qui défilent mais les kilomètres et les paysages évoluent au fil de notre errance. Ce qui est frappant dans ce nouvel album, c’est sa diversité mélodique. « Church Bells » met en exergue la facette dreamy du groupe. Ce titre plus lo-fi, si bien composé et arrangé nous aide à retrouver notre chère et familière reverb. Bystander se termine avec les couleurs pastelles et poétiques de « Colours of Prostest », dernière ballade aux teintes rosées et orangées qui marquent la fin de cette « journey » de 9 titres. Une vraie réussite ! 

B.V

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TOLEDO, poulain de la Dream Folk !

TOLEDO – Indie Pop – Dream Folk (USA)

Réveil; la lumière est encore pâle sur la ville, au loin coule le givre le long des tiges. La buée sur les vitres laissent entrer par endroit le soleil chaleureux et glacial d’ un hiver aux couleurs printanières.

Toledo – Credit photo James Lynch

EP – Jokey’s of Love/

 Toledo, à travers Jockey’s of Love nous dévoilent un second EP magnifique, sensuel et rafraîchissant. Une nouvelle de 6 titres à lire d’un seul trait. Les jeunes de Brooklyn abordent un extended play mature, parfaitement produit, tant dans le processus créatif que dans la réalisation  sonore. Le duo sait où il va, d’une pop Folk bien dosée berce un peu plus encore le paysage sonore incroyable de New York. 

On ne connaît que trop bien cette scène indie Brooklynoise largement définie, ayant toujours un train d’avance sur la pop moderne actuelle. Inutile de présenter Beach fossils et leur label Captured Tracks ou encore  Real Estate adoptés par Long Island. Et pourtant, si à travers Toledo on ressent l’influence de l’East River, reste néanmoins une originale Pop Folk tantôt lo fi tantôt électronique, qui n’est pas sans rappeler les premiers émois d’Isaac Delusion (Isaac Delusion – 2014). Bien que plus synthétique, l’esthétique du projet de Daniel Alvarez and Jordan Dunn-Pilz (Toledo) évoque aussi l’univers des Youth Lagoon, Jaguar sun, ou autre Fleet Foxes, certes bien moins authentique, mais bien plus sonore. 

Le morceau de la rédac/

Difficile de départager une pop aussi égale à l’échelle de l’EP. Si l’on apprécie le solo  parfaitement dosé de You Won’t on préférera cependant Challenger: un condensé d’images de routes et d’essuie-glaces, une échappée au galop vers les rouages amoureux, secrets de la galanterie. On retiendra les slides des guitares à la Current Joys, une basse mélancolique donnant la cadence aux chœurs “Beachboysés” et un envoi sur le pont digne de Martin Courtney (Real Estate).

Bref, les diplodocus d’Amérique du Nord amènent au lâcher prise, et plairont à tous les fans incommensurables de la scène Velvet moderne.

Q. I

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